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Le psychologue en EHPAD
L'une des grandes nouveautés de la réforme de la tarification des EHPAD est la place faite aux psychologues en établissements. Si le métier de "psychologue" n'apparaît qu'une fois dans l'arrêté du 26 avril 1999 (JO du 27 avril 1999), son annexe 1 fait référence à des
actions ou des objectifs de qualité qui, dans l'intérêt des usagers, ne peuvent relever que de sa compétence. Le mot "psychologue" est également cité dans le décret du 4 mai 2001, dans le tableau relatif aux charges de personnel, et son coût imputé
au tarif dépendance. La présence d'un psychologue est donc pour la première fois reconnue dans les maisons de retraite et
ses domaines d'action définis : compétence vis-à-vis des résidents, de leur famille, du personnel et de l'institution.
Le psychologue et le résident
L'arrêté du 26 avril 1999 définit des
objectifs à atteindre relatifs à la qualité de vie des résidents : "garantir à
chaque résident... la plus grande autonomie. .. psychique possible dans le respect de ses choix et de ses attentes ;
concilier une indispensable sécurité
avec une nécessaire liberté, particulièrement pour les résidents présentant
une détérioration inteiiectueiïe ; organiser l'entrée du résident, veiller à ce
que sa décision d'entrée soit pleinement
éciairée ; mettre en oeuvre des activités
à visée thérapeutique de type stimulation cognitive, en particulier pour !es
résidents présentant une détérioration
intellectuelle ; lors du décès, garantir la
dignité de la personne et l'accompagnement du mourant".
Toutes ces attributions relèvent de la
compétence du psychologue. Les
personnes âgées vivant en EHPAD
sont en effet fragiles et y finissent
souvent leur vie. De plus, elles souffrent généralement de démence ou
de maladies dégénératives des fonctions intellectuelles, et la dépendance et la proximité de la mort
engendrent pour elles des souffrances qu'elles doivent verbaliser,
Le psychologue est alors le meilleur
interlocuteur pour les écouter. Sa
place est essentielle pour la vie de la
personne âgée en institution. Il peut
dédramatiser l'entrée de la personne
en établissement, l'aider à s'adapter à
sa nouvelle vie, à faire le deuil de la
précédente, établir un diagnostic de
ses capacités psychiques, écouter
son mal-être face au vieillissement
ou au handicap, la soutenir chaque
fois que nécessaire, mettre en place
des ateliers mémoire, de stimulation, des groupes de parole, l'aider à
se préparer à la mort et, si des liens
de confiance se sont tissés, l'accompagner en fin de vie. Bref, il peut lui
permettre de s'accepter et de vivre
au mieux sa nouvelle vie, au sein de
la maison de retraite. Le travail du
psychologue est également important pour les familles, souvent en
désarroi.
Le psychologue et la famille
Le cahier des charges évoque les
attentes des familles. Il vise à :
- maintenir l'ensemble des liens
familiaux et affectifs de la personne âgée avec son environnement
social ;
- maintenir ou retrouver certaines
relations sociales ;
- désigner, le cas échéant, un réfèrent familial et si possible, même
en cas de conflits internes familiaux, envisager les modalités
d'un éventuel accompagnement
psychologique de la famille ;
- mettre au point une procédure
institutionnelle permettant le respect du mort qui appartient à la
famille ;
- associer et soutenir la famille du
résident en fin de vie.
Ces attentes ne sont de la compétence ni des aides-soignantes, ni des
infirmières, ni du médecin coordonnateur ; elles relèvent avant tout de
la responsabilité du psychologue.
Le psychologue en établissement n'a
pas pour but de pratiquer une psychothérapie familiale, puisque seul
le résident est l'objet de ses efforts.
Mais il peut accompagner la famille
tout au long du séjour, dans le but
de faciliter l'intégration du résident ;
de la déculpabiliser et de lui faire
accepter l'entrée en établissement de
leur parent ; d'aider à la résolution
de conflits par la médiation et l'interprétation de messages contradictoires ; de permettre des groupes de
parole entre les familles et l'institution afin de faciliter les échanges ;
d'accompagner, si nécessaire, les
familles au moment du décès. Dans
sa mission, le psychologue pourra
principalement renforcer la structure familiale durant le séjour en établissement.
Le psychologue et le personnel
Il existe désormais, avec l'arrêté du
26 avril 1999, une reconnaissance
de la nécessité du soutien psychologique du personnel, compte tenu de
l'état de dépendance physique et
surtout psychique de la population
accueillie comme du grand nombre
de décès en établissement. La nécessité d'un travail en équipe avec le
personnel externe à l'institution
et/ou l'intervention d'un psychologue exerçant au sein de l'institution est également confortée. Ce rôle
vis-à-vis du personnel peut prendre
différentes formes.
Le psychologue peut expliquer la
personne âgée au personnel, lui dire
que, même dans la plus extrême
déchéance, il y a un grand sens à respecter sa dignité, ses besoins et ses
désirs, pour ce qu'elle est, comme ce
qu'elle a été, et l'aider à prendre du
recul sur ses problèmes professionnels quotidiens. Autant les personnes âgées sont souvent
demandeuses d'écoute et de soutien,
autant, s'agissant du personnel, il y a
lieu de le faire adhérer à cette
démarche nouvelle. Une étape intermédiaire pourrait être d'ouvrir l'établissement à des stagiaires
psychologues en troisième cycle,
afin que le personnel saisisse empiriquement l'intérêt de ce métier et
prennent conscience de l'utilité,
l'impartialité et le professionnalisme
de l'étudiant en psychologie, futur
psychologue.
Deux démarches, basées sur des
techniques différentes, sont au service du personnel en établissement. La
première, le groupe de parole, basée
sur le volontariat, a pour but de permettre de faire partager, en toute
confidentialité, un vécu commun et
pesant. La seconde, le groupe d'examen de la pratique quotidienne,
obligatoire, permet au personnel de
réfléchir sur les problèmes quotidiens qui lui sont posés par les résidents.
Le psychologue peut également
jouer un rôle de formateur du personnel par la mise en place régulière
d'exposés ou de débats sur des
thèmes liés à la psychologie des personnes âgées. A titre d'exemple les
thèmes suivants peuvent être utilement proposés : les conditions du «bien vieillir», vieillesse et identité, la
sexualité des personnes âgées, les
routines, la mort et l'angoisse de
mcrt, la perte de mémoire, les
démences séniles, le travail de deuil
et la dépression, les délires, les violences, l'agressivité, les régressions,
les mots et les maux, la souffrance
des patients/des soignants, les liens
soignants/patients/familles....
Le psychologue et l'institution
On ne peut qu'établir un parallèle
entre le cahier des charges et les
compétences du psychologue. Les
objectifs attendus des établissements, montrent à quel point le rôle
du psychologue va importer, dans la
qualité de la vie quotidienne. Son
utilité n'est mesurée au demeurant,
qu'à posteriori, en comparant la
situation nouvelle, créée par sa présence, à la situation antérieure. Cette
prise de conscience de la nécessité
de l'accès des personnes âgées à la
psychologie ouvre à ces professionnels un pan entier de la société à
aider. Dans la mesure où la présence
d'un psychologue est reconnue par
les textes dans les établissements
d'hébergement pour personnes
âgées, sa présence effective est un
élément de valorisation de la structure. Elle démontre la démarche spécifique et innovante de la maison de
retraite et sa volonté d'améliorer la
prise en charge de la personne âgée
et les conditions de travail du personnel (notamment para-médical)
dans le cadre plus général de l'amélioration de la qualité formalisée par
la réforme de la tarification.
L'exercice de la fonction de psychologue s'inscrit dans une logique institutionnelle et pluridisciplinaire et
notamment dans le projet d'établissement. Le psychologue ne peut en
effet espérer aider la personne âgée
que dans le cadre d'un travail en
équipe, avec le soutien de la famille et
l'assentiment de l'institution. Laction
du psychologue l'amènera à analyser
les pratiques, voire à les remettre en
cause. Cela doit être accepté par la
structure. Le directeur d'établissement pourrait également être moins
seul lorsqu'il doit faire face à des
situations conflictuelles impliquant
des personnels, des résidents ou des
familles. Le psychologue pourra ainsi
parfois désamorcer des conflits et
aider le directeur à prendre le recul
nécessaire.
Le recrutement du psychologue
Le recrutement d'un psychologue
doit s'effectuer sur la base d'un projet institutionnel bâti à partir de l'inventaire des actions à mener :
soutien aux résidents, ateliers,
groupes de parole, groupe d'examen
de la pratique quotidienne... Il
devra également être tenu compte
du temps imparti à chaque activité,
de sa fréquence et de sa répartition
dans la journée. Ces éléments serviront à déterminer les bases horaires
du contrat qui, sauf pour les gros
établissements, sera en général un
temps partiel. Le coût du psychologue, selon le temps passé, et le statut ou le type de contrat, sera à
imputer obligatoirement à la section
dépendance du projet de convention
tripartite.
Les directeurs s'intéressant à cette
question consulteront avec profit un
mémento sur la place et le rôle des
psychologues en EHPAD comprenant des définitions, un code de
déontologie, les textes de référence
et des modèles de contrat de travail. Ce document "Place et rôle des psychologues dans les Ets d'accueil
pour personnes âgées dépendantes" - Collection "Etudes, Recherches et Documents", FNADEPA, 56, rue Paradis, 13006 Marseile)
est présenté
comme un outil favorisant un recrutement de qualité.
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